S.E. François Gouyette, French Ambassador in the U.A.E

"Les Emirats Arabes Unis et Dubai en particulier connaissent, vous l’avez tous noté, une exceptionnelle période de prospérité et de croissance.

Nous vivons en ce moment des années dorées, dont on parlera probablement plus tard comme les années glorieuses des Emirats, ce qui renforce bien évidemment le caractère stratégique du partenariat que la France entend poursuivre et développer avec ce pays.

Les bases de notre coopération avec les Emirats sont solides et anciennes. Vous les connaissez pour l’essentiel : liens personnels étroits entre les deux chefs d’Etat, partenariat stratégique lancé par le Président de la République en 1997, accord de défense signé en 1995, coopération substantielle, rencontres à haut niveau.

Pour cette année, je rappelle que M. de Villepin, alors Ministre des Affaires Etrangères, a effectué une visite officielle à Abou Dabi en janvier, Mme Alliot Marie, Ministre de la Défense, est venue en avril, M. de Robien, Ministre de l’Equipement, des Transports, du Logement, du Tourisme et de la Mer, en mai, peu avant M. Loos, Ministre Délégué au Commerce Extérieur. On pourrait également mentionner d’autres visites de personnalités qui contribuent à étendre notre influence, comme Richard Descoing, le Directeur de l’IEP, Henri Loyrette, le Conservateur du Musée du Louvre, des grands dirigeants d’entreprises comme MM. Thibault de Silguy et Pélisson, et plusieurs événements marquants comme l’escale du porte avions Charles de Gaulle, la démonstration de la Patrouille de France, le colloque Eurogolfe d’Abou Dabi en avril, ou l’ouverture en septembre du Département de français de l’Université d’Al Ain. 2004 a été une année particulièrement dense, où nous avons manifesté, je crois, notre détermination à poursuivre un partenariat privilégié avec les Emirats.

Du côté émirien, nous préparons une visite d’ici la fin de l’année en France de Son Altesse Cheikh Hamdan Bin Zayed, le Vice-Premier Ministre et Ministre d’Etat aux Affaires Etrangères

Economiquement, la période est faste pour les pays du CCEAG, dont les Emirats. 2003 a été une excellente année et les chiffres pour 2004 devraient être encore meilleurs. Dès 2003, les Emirats ont pleinement profité de la conjoncture pétrolière mondiale : la production annuelle moyenne émirienne de brut est passée de 2,27 millions de barils/jour en 2002 à 2,59 millions de barils. Compte tenu de la progression du prix moyen du baril exporté, la croissance du PIB, pour 2003, a progressé de 7% en volume (contre 2% en 2002) et de 12% à prix courants. Même si l’économie émirienne doit beaucoup aux hydrocarbures, il est à noter que la contribution du secteur non pétrolier augmente depuis plusieurs années et que sa croissance, en 2003, a été soutenue (5,2%) .

Les comptes extérieurs sont également en forte augmentation : l’excédent commercial est passé de 14,5 Mds USD en 2002 à 19 Mds USD en 2003, ce qui est d’autant plus remarquable que, sur la période, les importations émiriennes ont augmenté de 14%.

2003 a également, il faut le souligner, été une année record pour les exportations françaises. La position commerciale française s’est renforcée aux Emirats. Grâce aux grands contrats, notamment la forte croissance des ventes d’Airbus, et à la position des EAU comme plate-forme de réexportation régionale, les Emirats sont en 2003 le 17ème client de la France dans le monde et le second débouché (derrière la Turquie) pour le Proche et Moyen Orient. En 2003 les exportations françaises dans les Emirats ont atteint 2,93Mds€ (hors matériel militaire) contre 725M€ en 1994, soit la plus forte croissance dans la région. Au total, la France réalise avec ce pays son 4ème excédent commercial dans le monde.

Par ailleurs, le stock d’investissements direct français dans ce pays se diversifie, même s’il reste encore concentré dans le secteur des hydrocarbures et dans le secteur bancaire. A cet égard, il est à noter la place importante occupée désormais dans le secteur de la grande distribution.

Deux facteurs ont contribué à cette diversification :

. Le développement des zones franches dans les Emirats du Nord au début des années 1990, qui a favorisé et précipité l’implantation d’un certain nombre d’entreprises ayant choisi Dubaï comme base régionale dans le secteur des produits de luxe, du matériel électrique ou encore de l’énergie.

. Les obligations contractées en matière d’offsets par nos entreprises d’armement dans le cadre des contrats qui ont été signés depuis le début des années 1990, et qui ont débouché sur la création d’un certain nombre de sociétés mixtes dans des secteurs aussi variés que la maintenance aéronautique, l’horticulture et l’aquaculture.

Il convient de signaler en parallèle l’augmentation des investissements directs émiriens en France. A la fin de l’année 2002, en terme de stock, les Emirats, avec plus de 900 M€, se situaient au 18ème rang des pays ayant investi en France. S’agissant des flux, ils ont représenté 413 M€ sur la période 2000-2002, dont 107 M€ en 2002, ce qui place les EAU au 15ème rang des pays investisseurs en France. Sectoriellement, l’investissement émirien est concentré, vous le savez, dans l’immobilier, le service aux entreprises et le secteur financier.

Nous œuvrons pour que la relation bilatérale, dans le domaine politique, mais aussi sur le plan économique et commercial, continue de se renforcer dans les années à venir. Les perspectives paraissent excellentes. L’économie émirienne devrait continuer sur sa lancée, à nous de ne pas manquer cette occasion. En 2004, la croissance devrait atteindre 4,5% en termes réels et excéder 10% en dollars courants ; sur la base, et ce sera vraisemblablement mieux, d’une production de pétrole de 2,6 mb/j et d’un cours à 33 USD le baril, l’excédent commercial pourrait atteindre 26 Mds USD pour l’année 2004.

Nos exportations devraient poursuivre leur progression, tirée par les grands contrats civils déjà signés, en particulier dans l’aéronautique, ou susceptibles d’être conclus à moyen terme, comme le métro de Dubai, les projets dans le secteur de l’électricité et de l’eau, des hydrocarbures, des télécommunications.

Nous n’avons pas de contentieux avec les Emirats et les points de friction ou de désaccord entre nous sont rares. Nous venons d’en régler un en accordant aux Emiriens, comme il le souhaitaient, des fréquences aériennes supplémentaires vers la France, lors des récentes négociations aéronautiques entre les deux pays, qui ont eu lieu à Paris.

L’investissement direct français devrait poursuivre son développement, sur la base du renforcement du rôle régional de Dubai et des programmes mis en place à Abou Dabi. Nombre de sociétés françaises ont installé à Dubai des structures régionales ayant compétence sur les pays du Golfe ou le Moyen Orient, d’autres sont impliquées dans la privatisation, à Abu Dhabi, des services publics marchands (Eau, Electricité, déchets ménagers …).

Enfin, l’investissement direct émirien en France est susceptible de connaître une progression soutenue, compte tenu des liquidités dont disposent actuellement les opérateurs privés et publics émiriens.

Je vous encourage donc vivement à tirer profit de ce climat, de cette phase particulièrement favorable et j’en appelle à votre dynamisme pour aider les services de l’Ambassade à assurer ici une présence française toujours plus forte.

Merci"

Francois Gouyette, Ambassadeur de France aux Emirats Arabes Unis