Fusion Alstom-Siemens : les coulisses d’un deal historique

Tous les sites français et allemands seront sanctuarisés - SEBASTIEN BOZON/AFP Les négociations entamées à la fin du printemps se sont poursuivies tout l’été.

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Comme tous les industriels du ferroviaire, Alstom et Siemens se tournaient autour depuis des années. Dans un marché certes en croissance mais bousculé par la mondialisation et la révolution digitale qui impacte le métier de la signalisation, tous les groupes savent que l'avenir appartient plus à ceux qui seront capables de s'unir pour être plus forts qu'à ceux qui resteront seuls.

Mais si la logique d'un rapprochement entre deux groupes très complémentaires (Alstom a mieux réussi son internationalisation, Siemens est plus fort dans le numérique) semblait évidente depuis des années, jamais les deux groupes n'avaient réussi à trouver les bases d'un mariage pouvant plaire aux deux parties.

Les discussions se cristallisent à la fin du printemps

Les discussions se sont toutefois cristallisées à la fin du printemps, avant la présidentielle française. Chaque camp acceptant en quelque sorte de faire un pas vers l'autre. Siemens qui jusque-là n'envisageait pas d'apporter son activité « signalisation » dans le cadre d'une alliance revoyait son approche et approuvait l'idée d'un deal global. Et dans le même temps, Alstom acceptait dès le départ l'idée que la nouvelle entreprise devant naître de cette union soit majoritairement contrôlée par Siemens. Les bases d'un accord ayant émergé entre les deux groupes, Alstom s'est ensuite fait fort de convaincre les pouvoirs publics et le tout nouveau président de la République, Emmanuel Macron.

Emploi globalement préservé en France Convaincu de l'intérêt industriel de ce « deal », l'Elysée a rapidement décidé de ne pas exercer de droit de véto et a laissé les conversations se poursuivre tout l'été. Prudents, les pouvoirs publics ont toutefois tenu à ce que certaines garanties soient apportées. L'emploi, dans des conditions de marché stables, sera ainsi globalement préservé en France comme en Allemagne pendant au moins quatre ans, une fois le mariage conclu (sans doute au cours du second semestre 2018).

Tous les sites français et allemands seront également sanctuarisés. Et certaines décisions majeures concernant la vie de la nouvelle entreprise (cessions d'actifs, changement du président,) ne pourront pas être prises sans l'accord d'une majorité des administrateurs indépendants qui auront été désignés par Alstom. Autant de garanties qui ont paru suffisantes aux pouvoirs publics pour qu'ils n'exercent pas leur option sur une partie des actions Alstom, ce qui leur aurait permis de s'inviter au capital du nouvel ensemble.

Le président du nouvel ensemble : le patron d'Alstom

De son côté, la Chancelière allemande, Angela Merkel, a profité d'un sommet européen sur la question des migrants fin août pour s'assurer auprès d'Emmanuel Macron que la France ne chercherait pas, comme lors du rachat des activités énergies d'Alstom par General Electric, à faire capoter l'opération. Si dès le départ il était acquis que le président du nouvel ensemble serait bien le patron d'Alstom (et donc à l'heure actuelle Henri Poupart-Lafarge), les négociations se sont achevées en Allemagne en pleine Oktober Fest. Elles ont abouti mardi, suite au conseil d'administration de Siemens dont la date avait été décalée pour coller avec la date du conseil d'Alstom. David Barroux

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