De la nécessité de politiques de communication et d’influence réfléchies

La planète compte près de 500.000 décès liés au Covid-19 et le monde doit affronter une crise économique que les économistes, qui se trompent heureusement souvent, nous prédisent aussi grave que la crise de 1929.

Les dirigeants ont dès lors la responsabilité de s’adapter aux difficultés, mais aussi de chercher les bonnes nouvelles et les opportunités. La clé se situe toujours dans la rapidité à comprendre les paramètres de la crise, à définir une stratégie opportune et à la mettre en œuvre de manière efficace auprès des parties prenantes, collaborateurs, pouvoirs publics, partenaires ou concurrents. Dans ce contexte, les métiers de l’intelligence économique, de la stratégie de communication, de l’influence, des affaires publiques, de la diplomatie d’affaires s’affirment chaque jour un peu plus.

Des pans entiers de notre économie se trouvent en difficulté. Les filières aéronautique, automobile, transports, tourisme sont menacées. Leaders et sous-traitants s’interrogent sur l’ampleur des plans sociaux probablement inévitables, la nature du soutien des Etats et de l’Europe, les plans de relance, la situation comparée de leurs concurrents, l’impact du monde d’après que d’aucuns souhaitent plus vert, moins dispendieux en énergie. La multiplicité des acteurs, les fractures politiques et géopolitiques, des contextes sociaux qui peuvent vite exploser, une Europe qui se cherche, un Moyen Orient et un Maghreb déstabilisés par les incertitudes pétrolières et l’activisme turc, une Afrique moins touchée par la crise sanitaire mais économiquement à l’arrêt, sont autant d’incertitudes et de facteurs de risques qui nécessitent des stratégies d’influence particulièrement pointues et réfléchies.

D’autres secteurs, au contraire, ont été mis en valeur au cœur de la crise. Ils ont permis par exemple en France de tenir : la logistique, l’agriculture et les industries agro-alimentaire, la distribution traditionnelle et le commerce en ligne. Chacun de ces secteurs a été interpellé, critiqué parfois violemment. Ils sont aujourd’hui interrogés sur leurs modèles, questionnés sur leur place dans la mondialisation. Entre Amazon, géant de la logistique, La Poste, service public des territoires et des Français, les hypermarchés, les circuits courts, l’agriculture biologique ou l’autonomie alimentaire, toutes les lignes bougent. Le débat politique et les réseaux sociaux sont traversés de polémiques et de controverses. Les entreprises doivent, sous peine de perdre pied, affirmer des politiques de communication et d’influence précises et spécifiquement travaillées, quel que soit le pays ou la zone géographique où elles exercent. 

 

Les Etats et notre société se sont rendu compte à travers la crise (alors que nous, professionnels, le savons depuis des années) que la maîtrise de notre destin passe par une autonomie stratégique. Les réflexions en cours sur la souveraineté industrielle et stratégique de notre pays et (ou) de l’Europe créent un débat national et européen associant acteurs privés et publics. Toutes les filières industrielles, les organisations professionnelles, le Ministère des Finances et des ministères techniques, la Commission européenne ont entamé cette réflexion dont personne ne sait, à ce stade, ce qu’il en ressortira. Entrer dans ce débat pour des acteurs - quels qu’ils soient - sans avoir une claire idée de ce qu’on souhaite bien sûr, mais aussi sans avoir des idées arrêtées et des moyens d’une stratégie d’influence et de lobbying pour y parvenir, est tout bonnement suicidaire.

Dans ce monde qui change et qui bouge, dans une géopolitique mondiale où s’affrontent les géants chinois et américains dans une bataille dont on ne connaît pas l’issue et où l’Europe - qui pourtant n’a rien à leur envier - cherche encore sa place et sa stratégie, les acteurs privés et publics ne peuvent pas se permettre de partir sans être armés. Parmi les armes, la maîtrise et la connaissance de l’information, la compréhension fine des jeux d’opinion et des mobilisations, notamment online, la diplomatie d’affaires, l’élaboration et la diffusion d’idées nouvelles, l’influence politique, sociale, digitale sont indispensables. Dans cette palette de métiers et de prestations, il est aussi indispensable de savoir élaborer au plus haut niveau des stratégies d’entreprises dans le champ complexe de la vision, des idées, de l’opinion et des valeurs.

Pour des entreprises françaises implantées dans le Golfe et qui ont la charge parfois de s’occuper du Moyen Orient, souvent du Middle East et de l’Afrique, parfois encore le Middle East et l’Asie du Sud Est, les questions ne manquent pas : il faut à la fois mesurer l’impact du jeu des grandes puissances (USA, Russie, Chine) sur les décisions commerciales, juger des rapports de force dans les familles régnantes ou entre les dirigeants politiques des États, mesurer les conséquences sociales et les adaptations budgétaires de la raréfaction des moyens sur la commande publique, analyser les faiblesses nouvelles de certains concurrents, pouvoir jeter son dévolu sur des proies révélées par la crise. 

L’ambition de l’Intelligence économique, notre ambition à ESL, est de mettre au service des acteurs privés et publics les outils professionnels nécessaires car entreprises et gouvernements ne peuvent se suffire à eux- mêmes. Les systèmes d’information propres aux entreprises doivent être en permanence challengés par des systèmes indépendants, neutres, autonomes. Les métiers et les techniques de veille sont de véritables outils qui doivent être exercés par des professionnels. Les opinions publiques sont désormais traversées par des émotions violentes. La numérisation des sociétés a engendré des mutations de l’espace public : fonctionnement en bulles communautaires, radicalité dans l’expression des opinions, rumeurs, circulation de fausses informations, stratégies de manipulation par des Etats ou des acteurs privés... Il est nécessaire là encore de développer des technologies et des savoir-faire permettant de bien comprendre ces phénomènes en temps réel. 

Face aux grands groupes anglo-saxons de lobbying et d’influence qui travaillent d’abord pour leurs pays et qui peuvent, à tout moment, utiliser les données qu’ils collectent pour leurs services de renseignements, il est important pour les entreprises françaises de pouvoir trouver des prestataires capables de leur offrir des services efficaces adaptés à leurs besoins. La course à la taille est importante pour notre pays. C’est toute l’ambition du regroupement d’ESL avec le groupe Adit : offrir aux entreprises publiques et privées, aux organisations gouvernementales, une gamme de prestations qui, de la maîtrise de l’information mondiale aux stratégies d’influence nationale et internationale, en passant par la sécurité des échanges, des transactions, des personnes, et jusqu’à la communication stratégique, permettent à nos clients de travailler intelligemment et en toute sécurité sur l’ensemble des marchés où ils sont présents . 

Alexandre Medvedowsky est Président du directoire du Groupe ESL & Network, implanté dans 7 pays, dont les Emirats arabes unis à travers sa filiale ESL& Network Middle East - www.eslnetwork.ae

 

 

 

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